Lieberman et l'accusation d'apartheid

Publié le par Votre juriste en Israel

La proposition de Lieberman de poser comme condition à l’entrée au sein du Ministère des affaires étrangères la réalisation du service militaire n’en finit pas de faire couler de l’encre. Un éditorialiste de Haaretz demande à ce que Netanyahou le vire du gouvernement ; un autre de Yediot critique une démarche qui ne vise qu’à obtenir davantage de voix dans le futur. Autrement dit, en dépit du résultat des élections, en dépit de l’absence de caractère raciste de la proposition, il faudrait éviter de poser certaines conditions sous peine de passer pour raciste. Parallèlement à cela, un bédouin membre du Ministère des affaires étrangères soutient publiquement la proposition de son représentant ! Il y voit au contraire le vecteur de l’intégration de toutes les couches de la population en Israël.

c’est là où il faut mesurer en quoi la critique de Lieberman est hautement problématique par les tenants de la bonne conscience démocratique. Dans la Déclaration des Droits de l’homme de 1789, il est clairement fait mention du lien entre nationalité et citoyenneté. Or, beaucoup à notre époque essaient de dissocier ces deux notions en invoquant la notion de discrimination. Si on suit leur raisonnement, les droits devraient être reconnus sans condition à tous les individus. Ce faisant, ceux qui soutiennent une telle approche ne peuvent concevoir l’idée de deux Etats pour deux peuples. Ils vont parler de discrimination et d’apartheid alors qu’une telle réalité juridique ne correspond pas à la prétention de deux Etats. Par définition, vouloir deux Etats, c’est admettre deux droits différents et des conditions d’accès au droit également différentes. Quitte à être brutal, rien n’oblige d’un point de vue juridique l’Etat d’Israël à soigner les Palestiniens ; de la même façon, une personne qui ne bénéficie pas de la carte vitale rencontrera des difficultés pour se faire soigner en France.

Bref, la seule façon de réaliser deux Etats, c’est de distinguer les situations et d’imposer des conditions pour obtenir certains postes. Faute de comprendre cela, le dialogue sur deux Etats se transforme en obligation unilatérale pour Israël : les Juifs ne peuvent accéder aux territoires palestiniens mais les Palestiniens peuvent se promener en Israël. Drôle d’apartheid.

Publié dans polémiques

Commenter cet article